Présentation

L’imagination de Victor Hugo est très largement visuelle : elle s’exprime bien sûr au moyen d’images poétiques et romanesques mais aussi à travers les célèbres dessins de l’écrivain. Cependant, on sait peut-être moins que cette imagination est aussi géométrique et topographique. L’appréhension de l’espace est chez Victor Hugo un puissant accélérateur de la créativité littéraire.

L’objectif du projet « Cartographies hugoliennes » (Carto-Hugo) est d’étudier, à travers les manuscrits de l’écrivain, la façon dont la représentation spatiale et cartographique engendre l’univers littéraire et structure l’imagination romanesque. À titre exploratoire et expérimental, le travail se concentre sur un cas particulier, un corpus de brouillons et de dessins ayant conduit, à partir du premier carnet de prise de notes en 1859, à la création du roman d’aventures maritimes Les Travailleurs de la mer en 1866.

Durant la conception de son roman, Hugo réalise des cartes que l’on pourra découvrir sur le site. Il s’attarde sur des lieux qui vont devenir cruciaux pour l’intrigue. En dessinant ses cartes, Hugo sélectionne des sites, construit des points de vue qu’il restitue ensuite par le dessin et par l’écriture dans d’autres feuillets. Il précise également des décors, inspirés de croquis réalisés sur le motif. Il peut aussi matérialiser les trajectoires de ses personnages dans l’espace.

Actuellement, le prototype du site CartoHugo permet une première approche de ces mécanismes génétiques. L’interface présente deux entrées qui offrent des explorations différentes.

  • Une entrée via le texte du roman, où sont balisées les références et qui permet de visualiser les données cartographiques ainsi que des données génétiques liées à l’espace : croquis, dessins, notes.
  • Une seconde entrée est proposée via les cartes, les manuscrits de Victor Hugo et les données iconographiques. Les documents sont traités de manière à isoler des zones cliquables qui correspondent aux références topographiques dans le texte et qui permettent ainsi de voir pour un passage du roman donné les recherches effectuées par l’écrivain.

L’objectif est d’apprécier les liens entre espace géographique et espace romanesque sans rapporter strictement l’un à l’autre mais pour mesurer au contraire le travail créatif de l’écrivain à l’œuvre dans l’espace génétique des manuscrits.